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Élus du CSE réunis en commission égalité professionnelle autour d'une table de réunion
Réglementation

Commission égalité professionnelle CSE : le test en 3 questions

Votre CSE doit-il créer une commission égalité professionnelle ? Répondez à 3 questions pour le savoir, puis ses missions et sa composition.

4 min de lecture

La commission égalité professionnelle du CSE prépare le travail du comité sur un sujet précis : les écarts entre femmes et hommes dans l'entreprise, du recrutement à la rémunération. Elle n'existe pas partout, ses missions ne se limitent pas à un rôle décoratif, et sa composition reste largement à la main du CSE. Le test en trois questions ci-dessous permet de savoir en un instant si votre CSE doit la créer, avant de détailler ce qu'elle fait concrètement et comment elle s'organise.

De quoi s’agit-il ?

Le Code du travail encadre cette commission à l'article L2315-56. Dans les entreprises d'au moins 300 salariés, elle se crée au sein du CSE, sauf si un accord d'entreprise organise déjà autrement le fonctionnement des commissions (article L2315-45). Elle vient épauler le comité sur un périmètre resserré : la politique d'égalité entre les femmes et les hommes, les écarts de rémunération, les conditions d'accès à la formation et à la promotion.

Cette commission ne se substitue pas au comité lui-même. Elle prépare des travaux que le CSE utilisera ensuite en réunion plénière, notamment lors de la consultation annuelle sur la politique sociale.

Votre CSE doit-il créer cette commission ?

Avant de détailler ses missions, un point pratique s'impose : votre CSE est-il concerné ? L'arbre ci-dessous répond en trois questions, à partir de l'effectif et de l'existence éventuelle d'un accord.

Votre entreprise compte-t-elle au moins 300 salariés ?

Oui, 300 salariés ou plus

Un accord d'entreprise fixe-t-il déjà la composition et le fonctionnement des commissions du CSE (article L2315-45) ?

Non, aucun accord de ce type n'existe

Résultat : la commission égalité professionnelle est obligatoire. Le CSE doit la mettre en place et lui confier au minimum la préparation de l'avis sur la politique sociale.

Oui, un accord encadre déjà les commissions

Résultat : la commission n'est pas obligatoire sous cette forme précise. L'accord peut prévoir une commission fusionnée ou des modalités propres : son texte prime sur le régime légal par défaut.

Non, moins de 300 salariés

Résultat : la commission reste facultative. Le CSE peut néanmoins la créer par résolution, notamment pour structurer le suivi de l'index égalité professionnelle.

Missions concrètes de la commission égalité professionnelle

La mission centrale consiste à préparer la consultation du CSE sur la politique sociale de l'entreprise, ses conditions de travail et d'emploi. Elle instruit en amont les éléments chiffrés que le comité utilisera pour rendre son avis sur la politique sociale, un exercice soumis aux mêmes règles de délai que n'importe quel avis rendu en réunion plénière.

Concrètement, elle analyse les données de la BDESE relatives aux écarts de rémunération, à la répartition des postes à responsabilité et à l'accès à la formation entre femmes et hommes : effectifs par catégorie, promotions accordées sur l'année, embauches par sexe et par filière. Elle suit aussi l'index égalité professionnelle : cette obligation concerne toute entreprise d'au moins 50 salariés, avec publication du résultat avant le 1er mars, un seuil de conformité fixé à 75 points sur 100 et une sanction pouvant atteindre 1% de la masse salariale en cas d'absence de publication. Dans les entreprises de plus de 1000 salariés, la loi Rixain ajoute un objectif de représentation équilibrée dans les postes de direction, avec un palier de 30% de femmes parmi les cadres dirigeants et les instances dirigeantes, exigible depuis mars 2026, puis 40% d'ici 2029.

Sur cette base, la commission propose des actions correctives : audit des écarts de rémunération à poste équivalent, plan de rattrapage salarial ciblé, ouverture des postes techniques aux candidatures féminines, ou aménagement des horaires de réunion pour faciliter la présence des salariés à temps partiel. Elle alimente aussi les négociations sur l'égalité professionnelle quand elles s'ouvrent. Cette commission ne couvre pas l'ensemble des attributions du comité, qui reste compétent sur la santé, la sécurité et l'économie de l'entreprise au sens large, un périmètre détaillé dans les compétences générales confiées aux élus.

Composition, désignation et fonctionnement

La loi ne fixe aucun nombre minimal ou maximal de membres pour cette commission. Le CSE reste libre d'en décider, tout comme du profil des membres : élus titulaires, suppléants, ou tout salarié volontaire de l'entreprise. Seule contrainte fixée par les textes, le président de la commission doit obligatoirement être membre du CSE.

En pratique, le volontariat passe le plus souvent par un appel à candidatures diffusé par le CSE (note de service, affichage, réunion d'information) : les salariés intéressés se manifestent auprès du secrétaire, puis le comité arbitre en tenant compte de la diversité des services et des sites représentés. Les membres sont désignés par résolution, à la majorité des présents, pour une durée calée sur celle du mandat en cours, généralement quatre ans, jusqu'au prochain renouvellement de la délégation du personnel.

Ses modalités de réunion, de convocation et de remplacement d'un membre absent doivent figurer dans le règlement intérieur du comité, au même titre que celles des autres commissions. Sur le terrain, mieux vaut caler la fréquence des réunions, deux à trois par an, sur le calendrier de publication de l'index avant le 1er mars et sur celui de la consultation annuelle sur la politique sociale : la commission dispose ainsi du temps nécessaire pour analyser les chiffres avant que le CSE ne rende son avis.

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