Aller au contenu
Casque de sécurité jaune et gants de protection sur une table de réunion d'entreprise
Réglementation

CSSCT obligatoire en 2026 : seuil, composition et comparatif

Verifiez si la CSSCT est obligatoire avec notre tableau par tranche d'effectif et le comparatif moyens, heures et missions de 300 a 1 000 salaries, baremes Code du travail 2026.

6 min de lecture

La Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail (CSSCT) est une émanation du CSE dédiée à la prévention des risques professionnels. Elle devient obligatoire dès 300 salariés, et c'est l'employeur, pas les élus, qui doit la mettre en place. Le tableau par tranche d'effectif et le comparatif des moyens, plus bas, tranchent en quelques secondes si votre établissement est concerné.

300
Seuil d'obligation (salariés)
3
Membres élus minimum
4 / an
Réunions et inspections
7 500 €
Amende délit d'entrave

Seuil légal : quand la CSSCT devient obligatoire

La CSSCT s'impose dans tout établissement comptant au moins 300 salariés. Elle est aussi de droit dans les installations classées Seveso seuil haut, dans les carrières et dans les mines, quelle que soit leur taille. En dessous de 300, sa création reste possible par accord collectif dès 50 salariés, soit le seuil de mise en place du CSE lui-même.

L'effectif suit les règles de l'article L.1111-2 du Code du travail : moyenne sur les 12 mois précédents, CDI à temps plein comptés pour un, CDD au prorata de leur durée et intérimaires au prorata de leur présence. Le franchissement du seuil déclenche l'obligation à la prochaine élection du CSE, pas en cours de mandat sauf accord d'entreprise.

Dans les groupes, chaque établissement distinct d'au moins 300 salariés dispose de sa propre commission. Une CSSCT centrale reste possible par accord de groupe, sans qu'aucun texte n'oblige à en créer une.

Tableau : obligation CSSCT par tranche d’effectif

Ce tableau récapitule les obligations et options selon l'effectif de l'établissement, avec le délai de consultation du CSE associé.

Effectif établissementCSSCT obligatoireOption par accordDélai consultation CSE
Moins de 50 salariésNon (pas de CSE)Non applicableNon applicable
50 à 299 salariésNonOui, par accord collectif1 mois (2 mois si expert)
300 à 499 salariésOuiAdaptation par accord3 mois si CSSCT consultée
500 à 999 salariésOuiExtension par accord3 mois si CSSCT consultée
1 000 salariés et plusOuiCSSCT centrale possible3 mois si CSSCT consultée

Source : Legifrance, Code du travail, articles L.2315-36 et R.2315-7. Le passage du délai de consultation à 3 mois est l'effet le plus concret de la commission : il laisse au CSE le temps d'instruire un dossier santé-sécurité avant de rendre son avis.

A retenir Sous 300 salariés, aucune obligation, mais un accord collectif peut créer une CSSCT volontaire dès 50 salariés pour structurer la prévention.

Composition minimale imposée par la loi

La commission compte au minimum 3 membres désignés par le CSE parmi ses titulaires ou suppléants, par délibération à la majorité des présents. Au moins un représentant du collège cadres et agents de maîtrise y figure dès que l'entreprise dispose d'un tel collège électoral (article L.2315-39).

L'employeur, ou son représentant titulaire d'une délégation en matière de sécurité, préside la commission. Le médecin du travail, l'inspecteur du travail, l'agent de la CARSAT et le responsable interne de sécurité participent aux réunions avec voix consultative : ces intervenants n'ont pas le droit de vote.

À défaut d'accord, l'article R.2315-7 fixe le nombre de membres selon l'effectif. Voici la progression légale, qui sert de plancher négociable à la hausse.

300 à 499 salariés3 membres
500 à 1 499 salariés4 membres
1 500 à 2 499 salariés5 membres
Plus de 2 499 salariés6 membres

Comparatif des moyens : 300 contre 1 000 salariés

Le passage d'un palier d'effectif à l'autre change les moyens accordés à la commission. Ce comparatif chiffré met face à face un établissement au seuil d'entrée et un grand établissement, pour les heures de délégation mensuelles par membre prévues par décret à défaut d'accord.

300 à 499 salariés
5 h / mois
par membre, 3 membres désignés
1 000 salariés et plus
15 à 20 h / mois
par membre, 4 à 6 membres désignés

Ces heures de délégation sont distinctes de celles du mandat CSE et ne s'imputent pas dessus. La formation initiale en santé et sécurité, d'une durée de 5 jours, est prise en charge par l'employeur sur le temps de travail. Pour chiffrer le crédit d'heures d'un mandat selon l'effectif exact, ce calculateur du crédit d'heures par élu donne le détail titulaires et suppléants.

A retenir Les heures CSSCT s'ajoutent au crédit du mandat CSE : un membre cumule donc deux enveloppes distinctes, rémunérées comme du temps de travail effectif.

Les 3 missions légales de la CSSCT

Le Code du travail confie à la commission trois missions que le CSE ne peut pas lui retirer. La première : préparer les délibérations du CSE sur la santé, la sécurité et les conditions de travail. Avant le vote du CSE sur le DUERP, le programme annuel de prévention ou un projet modifiant les conditions de travail, la commission instruit le dossier et transmet un avis. Le CSE garde le pouvoir de délibérer : la CSSCT prépare, elle ne décide pas.

Deuxième mission : réaliser des enquêtes en cas d'accident du travail grave, de maladie professionnelle à caractère sériel ou de danger grave. L'enquête est menée en contradictoire avec l'employeur, et le rapport est remis au CSE à la réunion suivante. Troisième mission : exercer le droit d'inspection des lieux de travail, à raison d'au moins 4 visites par an, sur l'état des équipements, l'hygiène et le respect des consignes.

Mission légaleDéclencheurRestitution au CSE
Préparer les délibérationsProjet DUERP, prévention, conditions de travailAvis avant le vote du CSE
Réaliser des enquêtesAccident grave, maladie sérielle, danger graveRapport à la réunion suivante
Inspecter les lieux de travailAu moins 4 visites annuellesCompte rendu en séance plénière

La commission ne peut jamais se voir déléguer le recours à un expert ni les attributions consultatives du CSE en matière économique et sociale : ces pouvoirs restent au CSE en séance plénière. Pour situer ces missions dans l'ensemble des prérogatives selon la taille de l'entreprise, ce panorama des attributions du CSE par effectif détaille chaque palier.

Réunions, sanctions et coûts d’un défaut

La CSSCT se réunit au minimum 4 fois par an, à des dates fixées par l'employeur, et en urgence en cas d'accident grave ou de danger imminent. Ces quatre réunions portent exclusivement sur la santé, la sécurité et les conditions de travail, en plus des réunions ordinaires du CSE.

En l'absence de commission dans un établissement d'au moins 300 salariés, l'employeur s'expose à une action en référé devant le tribunal judiciaire. En cas d'obstruction délibérée, la qualification de délit d'entrave (article L.2317-1) peut être retenue, passible de 7 500 euros d'amende, comme le rappelle Service-Public.fr dans sa rubrique dédiée aux institutions représentatives.

Réunions annuelles minimum4
Inspections des lieux / an4
Formation santé-sécurité (jours)5
Amende délit d'entrave (k€)7,5

Le budget de la commission ne dispose d'aucune dotation propre : ses frais relèvent du budget de fonctionnement du CSE. Pour arbitrer cette enveloppe face aux autres dépenses du comité, ce arbitrage entre budgets de fonctionnement et activités sociales pose les bornes légales du transfert.

Pour aller plus loin

  • Les attributions complètes du CSE : périmètre des missions économiques, sociales et santé-sécurité, avec les seuils associés à chaque attribution.
  • Calculer les heures de délégation CSSCT : outil interactif selon l'effectif, pour chaque membre désigné par le CSE.
  • Fiche glossaire CSSCT : distinctions CSSCT vs CHSCT, CSSCT de site vs centrale, et définitions clés.